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Tristesse, honte et culpabilité du passé

Cette femme célibataire rêvant de vivre une relation amoureuse épanouissante et de créer une famille lumineuse souhaitait découvrir ce qui l’en empêchait. Elle me confia avoir vécu des épisodes sombres au cours de sa vie, pendant lesquels elle avait cultivé une profonde déprime. Adolescente, poussée par une douleur silencieuse, elle s’était même mutilée avant de ressentir de la honte d’agir ainsi. Maintenant dans la vingtaine, il était surprenant de l’imaginer portant ce lourd passé, car elle présentait dorénavant une force, un calme et une joie de vivre. Il était évident qu’elle avait travaillé très fort pour réparer ses blessures par la voie de la psychologie. Cela avait donné de bons résultats, mais il restait néanmoins encore cette étrange sensation intérieure et ces émotions négatives qui revenaient parfois la visiter. J’ai assisté un nombre incalculable de fois des personnes tristes ou en colère dans la découverte de leur vie antérieure. Ce qu’ils avaient alors ressenti, dans un tout autre contexte, une époque et un lieu différent, s’exprimait pleinement dans leur réalité présente. Un peu comme si l’âme trimballe avec elle, de vie en vie, ses sentiments non résolus. Il est donc de notre responsabilité d’aller dénouer les liens invisibles qui bloquent notre évolution actuelle. Sans quoi, nous porterons non seulement cette souffrance incompréhensible tout au cours de notre incarnation, mais nous nous réincarnerons aussi une nouvelle fois avec elle afin de réussir finalement à la laisser aller. C’est en cela que l’hypnose spirituelle est extraordinaire et cette séance souligne bien cet aspect.


Rapidement transportée dans l’état méditatif nécessaire pour ce type de voyage, cette femme qui était si dynamique et vivante pendant notre entretien changea immédiatement d’attitude en entrant dans la première scène. Son ton de voix devint las et dépressif, me confirmant que nous venions de trouver l’origine de ces émotions inexplicables. Elle répondit à mes questions par de courtes réponses, comme si cela lui demandait un grand effort ou qu’elle n’en voyait pas l’utilité. Nous nous trouvions bel et bien au cœur de son histoire d’âme.

 

Femme : Je suis une femme de 30 ans et nous sommes en 1960. Je suis très pauvre.


Caroline : Où te trouves-tu en ce moment ?


F : Dans une chambre et près de moi, il y a un bébé couché dans son berceau.


C : Est-ce ton enfant ?


F : Oui. Il est encore vivant, mais je le sais que ça s’en vient. Il va bientôt mourir.


C : J’en suis désolée. Est-ce un garçon ou une fille ?


F : Un garçon de trois mois. Il est né dans cet état. Je n’étais pas assez. Je n’étais pas dans des conditions favorables pour le mettre au monde. Je me sens tellement nulle.


C : Est-ce que le père est avec toi ou tu es seule ?


F : Lui, il est parti dès qu’il a compris que je n’étais pas capable de lui faire un enfant en santé. J’en ai créé un malade, alors je ne sers à rien. Il est parti.

 

Le désespoir de cette femme était pénible à ressentir et une part de moi aurait bien eu envie de dire à cet homme ses quatre vérités. Cependant, mon rôle bienveillant doit se limiter à l’exploration sans la modification des souvenirs, car cela pourrait apporter des conséquences karmiques et un mal être bien plus profond encore. Comme tous les films de science-fiction nous le répètent immanquablement, nous ne devons jamais changer le passé.


Tout ce qui se produit a une raison d’être et cela permet à l’âme de grandir. Bien qu’il soit tentant de revenir dans le passé pour nous éviter des souffrances, il ne faut pas négliger que cela soustrairait aussi des expériences et des apprentissages dont nous avons besoin. Mon travail d’hypnose spirituelle consiste donc à explorer les vies antérieures sans les modifier. Puis, de guider l’âme vers le lieu intemporel de lumière, là où nous pouvons accomplir toutes les libérations nécessaires. La transmutation de l’état vibratoire d’un souvenir nous permet de conserver nos leçons de vies sans ressentir la charge émotionnelle qui nous pèse. J’ai donc fait abstraction du comportement de ce père pour fixer mon attention sur l’histoire de cette femme, tout en me rappelant que les autres époques ont comporté d’autres mœurs.

 

C : J’en suis navrée. Peux-tu m’expliquer pourquoi il t’a quittée ?


F : Cela m’a pris quatre ans pour réussir à tomber enceinte et c’est pour ça que le père ne m’a pas laissé de chance. C’était trop long. Ça ne marchait pas et quand finalement ça a fonctionné, j’ai mis un bébé malade au monde.


C : Cela ne lui a pas plu. Je me demande pourquoi c’était aussi important pour lui d’avoir des enfants.


F : Parce que c’est ça qu’il faut faire. Ça valorise les gens.

 

J’ai continué à lui poser des questions et nous avons exploré la suite de son incarnation qui n’était que tristesse et profonde dépression. Rien de très important ne s’est produit par la suite, comme si sa vie s’était écoulée très lentement, les journées ressemblant aux précédentes. Elle ne fit aucune rencontre et ne sortit jamais de sa torpeur. Nous sommes donc passées dans le lieu intemporel de lumière pour discuter avec ses guides spirituels.

 

C : Pour quelles raisons as-tu eu accès à cette vie plutôt qu’une autre aujourd’hui ?


F : Pour comprendre mes émotions et mes fausses croyances. Tout provient de cette incarnation. Il y a eu tellement de honte, de culpabilité et de tristesse.


C : Parce que ce bébé est mort ?


F : C’est plutôt lié au fait de ne pas avoir connecté avec lui. Il est mort à trois mois, mais dès que j’ai su qu’il était malade, je me suis détachée de lui. C’est comme si j’avais repoussé son existence. À la minute où j’ai compris qu’il allait mourir, je n’ai pas pris le temps de vivre ce moment-là avec lui. J’étais quand même présente, mais c’était si douloureux que je n’étais pas vraiment là. C’est certain que le deuil, c’est quelque chose aussi, mais la grosse blessure est liée au fait de ne pas l’avoir accompagné comme j’aurais dû.


C : D’accord, je comprends. J’imagine que le départ du père a aussi été un événement douloureux.


F : Oui. Lorsque mon mari m’a quitté, je me suis laissé dépérir. Le reste de ma vie a été condamnée. Je n’ai rencontré personne et je n’ai pas eu d’autres enfants. J’ai ressenti de la honte et de la culpabilité jusqu’à ce que je meure à 45 ans. J’étais très faible et je suis partie jeune, comme si je me suis laissé mourir, finalement.


C : En quelle année es-tu décédée ?


F : En 1982.

 

Cette information est très intéressante puisque cette femme est née en 1997. Il est très intéressant de constater le peu de temps qu’elle a passé dans les mondes astraux entre deux incarnations. Chaque âme agira comme cela lui semble juste. Certaines sont si épuisées par leurs expériences qu’elles pourront choisir de rester des centaines, voire des milliers d’années sans s’incarner sur Terre. D’autres reviennent quelques mois seulement après leur mort, souvent pressés de retenter leur défi échoué. Ces dernières n’ont cependant parfois pas pris suffisamment du temps nécessaire pour se reposer et se guérir de leurs traumas qui prendront donc beaucoup d’espace dans leur nouvelle vie. Elles naissent enthousiastes, mais le poids de leur dernière vie leur pèse parfois un peu trop sur les épaules.


La période et les événements planétaires en cours sont aussi des facteurs déterminants pour cette décision, favorisant de situations qui n’auraient peut-être pas lieu en d’autres circonstances. Il n’y a donc pas de recette parfaite à savoir le temps idéal que nous devrions passer dans l’au-delà avant de revenir. Heureusement, nos guides spirituels sont très présents pour nous recommander ce qu’il y a de mieux pour notre évolution.

 

C : Cet homme souhaitait vraiment fonder une famille. A-t-il pu rencontrer une autre femme et avoir des enfants par la suite ?


F : Oh non ! Il est mort trop jeune dans un accident.


C : Je me demande si tout cela faisait partie du plan que vous aviez conçu ensemble avant de vous incarner.


F : Oui, nous avions prévu de traverser exactement cela. C’était nécessaire à notre cheminement d’âmes sœurs. Nous devions le vivre ainsi pour passer aux prochaines étapes.

 

Cette information nous permet de constater que nos pires bourreaux, ceux qui nous font parfois tellement souffrir, ne remplissent souvent que leur contrat d’âme. Ils agissent tel que nous leur avons demandé de le faire avant notre incarnation afin de réussir à surmonter une épreuve quelconque. Ces séances d’hypnose spirituelle nous permettent de pardonner à ceux qui nous ont blessés et souvent même, de réaliser qu’il n’y a absolument rien à pardonner. Finalement, ils ont agi exactement comme nous voulions qu’ils le fassent. C’est ainsi que de nombreuses personnes expriment des remerciements et de la gratitude envers leurs embûches et leurs agresseurs à la suite de cette compréhension.


Nous considérons souvent que l’âme sœur est l’archétype du partenaire de vie parfait, mais en réalité, cette notion ne renvoie pas nécessairement à la vie amoureuse. Elle qualifie plutôt un membre de notre famille d’âmes avec qui nous choisissons souvent de nous incarner. Il peut s’agir de notre amoureux, mais aussi de notre parent, notre amie, notre voisin ou notre collègue. Certains passeront toute leur vie à nos côtés et d’autres feront une apparition éphémère.


Leur mandat auprès de nous peut être de nous épauler positivement dans notre chemin d’évolution ou, à l’inverse, d’être la personne qui nous fera vivre une situation difficile, source d’apprentissage. L’impression de déjà-vu est présente dès la rencontre et les liens se tissent souvent très rapidement. De plus, la relation est énergétique et marquante. Nous n’avons pas besoin de réfléchir longuement pour savoir si nous avons déjà connu une âme dans une autre vie ou non. Même si nous avons oublié, notre inconscient s’en souvient très bien.

 

C : Ce fut une incarnation difficile. Tu as dit que tu n’étais bonne à rien et je me demande si cette croyance fait encore partie de toi.


F : Oui. Cette fausse croyance vient de cette vie et je la traîne encore.


C : Tu as aussi dit que c’était de ta faute si l’enfant avait été malade, car tu n’étais pas capable de le mettre au monde en santé.


F : Oui, ça aussi c’est encore là. Si tu savais le nombre de fois où j’ai dit que je me sentirais trop mal si j’avais un enfant malade. Je pense que si je deviens une mère, mon bébé le sera. Les enfants handicapés sont si connectés à tout. Comme on m’a dit que j’allais amener une âme spéciale sur Terre, ça a éveillé cette peur en moi.


C : Que voudrait te dire ton guide à propos de cela ?


F : Que ça ne se déroulera pas comme ça ! Ce n’est pas le chemin de vie que j’ai choisi cette fois-ci. Mon enfant a besoin de plus que cela pour accomplir sa propre mission de vie. Mon guide me dit de ne pas m’inquiéter et que tout ira bien, mais que j’ai de nombreuses vies à libérer avant de vivre une relation de couple sacré et une belle maternité. J’ai beaucoup de mémoires à purifier, mais il me rassure. Il me dit que d’avoir un enfant handicapé ne fait pas partie de mes décisions d’incarnations. D’ailleurs, cet enfant qui est décédé dans cette autre vie sera mon fils dans celle-ci. Nous serons réunis à nouveau, mais je dois pardonner maintenant.


C : À qui dois-tu pardonner exactement ?


F : À moi-même et aussi à mon âme sœur, car je suis encore blessée par son abandon. Il est incarné dans ma vie présente et c’est pour cela que je ressens de drôles d’émotions face à lui. Je ne dois plus lui en vouloir à présent.

 

Le guide spirituel de ma cliente lui partagea ensuite un grand soin énergétique afin de nettoyer toutes ses blessures et ses fausses croyances créées dans cette vie passée. Elle pardonna à cet homme et s’accorda le même pardon d’avoir réagi ainsi en apprenant la maladie de son fils. Elle fit aussi face à ces sentiments de honte et de culpabilité qu’elle avait inutilement trainé toute cette incarnation et une bonne partie de sa vie actuelle. À présent, elle était prête à laisses ses émotions derrière elle et à s’engager dans sa nouvelle vie. C’est le cœur léger qu’elle est ensuite revenue en conscience dans son corps.


Les âmes sœurs se retrouvent souvent de vie en vie, non pas pour se faire souffrir, mais pour créer des situations à surmonter qui permettent à l’âme de grandir, de développer le pardon et de ressentir l’amour inconditionnel. Comment le pourraient-elles si toutes les personnes qu’elles rencontreraient au cours de leur vie étaient des anges de bonté ? Nous avons besoin de ces bourreaux pour ouvrir notre cœur et notre âme choisit donc de s’entourer d’une famille toxique, d’un partenaire amoureux contrôlant ou de collègues négatifs. Tout cela a toujours un sens et il ne faut jamais oublier que chaque situation cache une possibilité de leçon. Si elle n’est pas apprise, la vie mettra sur notre chemin une personnalité semblable pour nous faire vivre le même type d’expérience. Lorsque nous l’avons enfin solutionnée, ces schémas disparaissent à jamais et nos relations se transforment positivement.

 

 
 
 

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